ARCHIVES GORDES

Consultation

Lettre 876·XX, folios : 195
Morges, Gabriel de, seigneur de La Mothe-Verdeyer, gouverneur de Grenoble
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
La Motte-Saint-Martin
Grenoble
,

Transcription

1
Monsieur, par la lettres quil vous at pleu mescripre, j’ay sceu
2
la prinse du Poussin par les habitans du lieu qui y ont
3
introduict les huguenotz, qui nous fera ung peu mieulx
4
pencer en nos affaires et veiller sur les catholiques qui
5
nen feront pas moins tant soit peu quilz en ayent de moien.
6
Lequel neaultmoins vous leur osterés, faisant dresser des
7
forces pour les brider contenir en raison. Il vault beaulcop
8
mieulx que le païs soustienne une despance pour quelque temps
9
que destre atandant une entière ruyne et perte dicelluy.
10
Je suis certain quilz suivront et en cela et en toutes aultres
11
chose, votre bon conseil et commandemantz. De ma part, je ne
12
vous puis offrir que mon bien et ma vie pour le service du roy,
13
de ma patrie et plus pour le votre particullierement. Jay veu
14
aussi qu’avés retenu les compagnies quenvoiés à monsieur le
15
mareschal et icelles avés mandé à monsieur de Rosset avec
16
votre compagnie pour soppozer, si tant est quilz voulsissent
17
entreprandre atendant votre venue, laquelle encore quelle y
18
feust necessaire, si est ce toutesfois que votre presance est plus que
19
necessaire depardeça où ilz entreprendront plustost que en
20
lieu de votre gouvernement si par votre saige prevoiance il
21
ni est suffizamment proveu. Jenvoie expressemant le
22
cappitaine Arnault pour scavoir votre partemant pour vous
23
accompaigner et recepvoir vous commandemantz et aussi
24
pour scavoir le deportemant des fames desquelles je me
25
trove assés empesché pour voloir plustost appaiser les
26
choses avec la doulceur qu’avec la forse, quest la cause
27
que je ne suis encor vollu partir de ce lyeu que je ne sache
28
comme j’ay à mi conduire car ung plus avisé que moy
29
[195 v°] y seroit bien empeché. Je vous prie, monsieur, comme mon
30
melleur seigneur et amy, me volloir conseiller car si elles
31
perdent leur collère, il est dangereus que je ne preigne la
32
miene et que je ne fasse chose dont elles et moy serons
33
marriz tout le demeurant de noz vies, ce que je ne voldrey
34
pour chose du monde et craignant vous estre ennuieulx
35
en ces fascheus discours, je finirey ma lettre par mes
36
très humbles recommandations à votre bonne grace. Je prie
37
le Createur vous donner,
38
monsieur, en perfaicte santé, très bonne et longue vie.
39
De votre maison à la Motte, ce premier de mars 1573.
40
Votre très humble et obeissant serviteur
41
Lamote Verdeyer